Il y a de ces sujets qui vous touchent de prés, qui font que dés que l'on rigole dessus, et bien vous, ça ne vous fait pas rire, ça vous révolte, ça vous énerve et surtout, ça vous donne l'impression d'être en marge de la société.
Il suffit de connaitre un proche Alzheimer pour que les blagues sur ce sujet vous attristent ; il suffit de connaitre un schizophrène pour que ce sujet vous paraisse terrible plutôt que susceptible à plaisanteries supposées hilarantes ; il suffit de connaitre un coprolalique pour que les blagues sur le syndrome de La Tourette vous donnent envie de frapper ceux qui les singent ; et enfin, dans mon cas, il suffit d'entendre des gens traiter quelqu'un d'autre d'autiste pour que dans ma tête apparaisse tout d'abord un sentiment d'incompréhension car ce terme ne me parait pas approprié à une insulte.
Une conversation sympathique, un texte lu sur internet, une blague. Tout se passe bien, et tout d'un coup le terme tombe, tel un couperet. Le sourire se fige, le regard s'attriste, la colère monte, tandis que tout le monde s'esclaffe. Une douche froide, qui casse tout.
Une hésitation nait : faut-il la fermer, ou l'ouvrir, pour changer 2-3 mentalités à défaut de plus ? De quel droit puis-je me permettre de briser une bonne blague au simple motif que moi, personnellement, je ne la trouve pas drôle ?
Je suis tellement lasse d'expliquer, tellement lasse d'essayer de faire changer les mentalités, que la plupart du temps je ferme ma gueule. Parfois, je me dis que ce n'est peut-être pas eux les cons dans le lot, mais plutôt moi qui n'est pas capable de passer outre.
Le pire, c'est quand on explique à quelqu'un de proche le malaise que l'on ressent face à ce genre "d'humour", mais que cette personne continue à dire des gens "han mais il est triso lui". Parce que oui, l'autisme me touche de prés, mais tous les autres handicaps également par conséquent.
Ou les petites pétasses qui se moquent du mec de 25 ans qui suce encore son pouce et a son doudou à la main, et le pauvre qui ne sait plus quoi faire...
Ou mon petit frère qui fait une crise, et les passants se permettent de le regarder de travers, voire même de lui balancer qu'il est mal élevé, et que ces cons ne comprennent pas qu'au lieu de le calmer, ça aggrave le malaise qu'il ressent dans ce monde si inapproprié à sa situation...
Mais non, décidément, j'ai beau faire des efforts, tenter de comprendre, non je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle a traiter quelqu'un d'handicapé ou de se moquer d'un handicapé. C'est tout simplement méchant. Et personnellement, il m'est impossible d'être méchante avec quelqu'un qui ne m'a rien fait, que ça soit face à lui ou dans mon dos. C'est trop facile de se moquer de quelqu'un qui ne peut rien changer à sa situation, ou qui doit faire des efforts relativement surhumains pour l'améliorer.
Quitte à passer pour la rabat-joie de service, j'ouvrirais ma gueule, plus ou moins gentiment selon mon humeur du jour et mon ras-le-bol général de cette mode. C'est un principe chez moi, si je ne le respecte pas, je ne me respecterai plus moi-même ; et quand on ne se respecte pas, c'est le début de la fin.
Je vois tant de gens hurler au racisme... Et pourtant, ce sont parfois eux qui sont les premiers à se moquer d'un handicap... "Ah mais ouais, mais c'est pas pareil". Mais si, c'est exactement pareil. C'est bizarre, j'aurais plutôt cru que ça serait eux qui comprendrait la situation des handicapés et qu'ils seraient les derniers à les mépriser... (J'insiste sur le terme parfois, je ne fais pas de généralités, mais j'en ai vu, c'est un fait)